En Bretagne, 500 échouages de dauphins et phoques par an

C’est le constat que les amoureux de la nature et de la Bretagne se seraient bien passé. De plus en plus de dauphins et de phoques viennent s’échouer et mourir sur les plages bretonnes, pour un total de 500 animaux morts par an depuis 2016-2017. Une situation qui inquiète fortement l’Acnom, l’Association de conservation des mammifères et oiseaux marins de Bretagne.

Le nombre d’animaux échoués a doublé

La scène devient dramatiquement plus régulière sur les différentes côtes de la Bretagne. Des animaux marins s’échouent sur les plages bretonnes, et bon nombre d’entre eux meurent de crise cardiaque ou d’asphyxie avant que les pompiers ne puissent intervenir.

C’était le cas notamment en janvier 2024, où plusieurs dauphins échoués ont été signalés dans les Côtes-d’Armor, plus précisément dans la baie de Saint-Brieuc. Selon Alain Ponsero, conservateur de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc, et selon l’association VivArmor Nature, « entre quinze et vingt échouages surviennent, en moyenne, chaque année dans la baie ».

Des chiffres inquiétants, mais qui est loin de ceux enregistrés dans les autres départements de la Bretagne, d’après Sami Hassani, directeur de l’Association de conservation des mammifères et oiseaux marins de Bretagne : « Les échouages de cétacés (dauphins et baleines) sont réguliers dans le Finistère (355 en 2021) et le Morbihan (128), à la différence des Côtes-d’Armor (39) et de l’Ille-et-Vilaine (10) » ; soit un peu plus de 500 échouages par an. En comparaison à 2016-2017, période durant laquelle on recensait 200 échouages par an, le nombre d’animaux échoués en Bretagne a plus que doublé ces dernières années.

Pourquoi une telle hausse ?

Les dauphins, les baleines et les phoques s’échouent de plus en plus sur les côtes de Bretagne. L’une des premières explications à ce phénomène concerne la pêche et les captures accidentelles qui en résultent. En 2022, 62% des échouages chez les dauphins communs étaient liés à des captures accidentelles, poursuit Sami Hassani. Il y a également le réchauffement des masses d’eau qui se traduisent par des changements de comportement chez les poissons, et donc des dauphins qui les chassent et se rapprochant de plus en plus des côtes de Bretagne.

Ces derniers sont ainsi piégés par la marée basse, et finisse malheureusement par mourir. « Pour les phoques gris, l’augmentation des échouages correspond à une augmentation des colonies. Il y a plus de naissances, et aussi des décès parce qu’il y a plus de phoques en Bretagne », enchaîne le directeur de l’Acnom.

Que faire lorsque l’on est face à une telle situation ?

Malgré que l’échouage d’un animal soit dramatique, il est important de rappeler que celui-ci est en situation de stress. Tenter de le tirer vers la mer ou faire des gestes mal maîtrisés pour le sauver causerait davantage de stress chez l’animal. « Il ne faut pas essayer de le tirer, ni le toucher », rappelle Alain Ponsero.

Lorsque l’on fait face à ce genre de situation, il faut appeler les pompiers, prévenir la réserve naturelle, les agents de l’Office français de la biodiversité ou encore les membres du réseau national Échouages, qui sont formés et autorisés pour intervenir sur les échouages de mammifères marins. Si par contre l’animal est déjà mort à votre arrivée, il est nécessaire d’appeler la commune qui se chargera du reste.

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