En Bretagne, des agriculteurs impliqués dans la préservation de leurs sols

 

Terre d’agriculture, la Bretagne connait malheureusement un déclin progressif du nombre d’exploitations agricoles. Une solution pour endiguer cette baisse consiste à appliquer de nouvelles pratiques agricoles, notamment celles permettant une meilleure conservation du sol. C’est en quoi travaille la Région Bretagne, en partenariat avec le fonds privé d’investissement pour la décarbonation Livelihoods.

Réduire les coûts de production tout en restaurant la santé des sols

C’est un projet ambitieux et novateur pour le secteur de l’agriculture en Bretagne. En partenariat avec le fonds privé Livelihoods, la Région de Bretagne lance un appel à projets pour les agriculteurs souhaitant faire évoluer leur pratique vers une agriculture de conservation. Ce type d’agriculture repose sur trois grands principes :

  • La couverture permanente des sols
  • La réduction du travail mécanique du sol
  • L’allongement des rotations

Un projet qui vise d’une part à restaurer la santé des sols ainsi que de la biodiversité autour des exploitations, et d’autre part à réduire les coûts et limiter le temps de travail dans les champs. En guise d’exemple, les agriculteurs participants à cette transition vers l’agriculture régénératrice s’engagent à abandonner le labour des champs et à appliquer une meilleure rotation des cultures. « Sauf que ça ne se fait pas sans risque, il y a des échecs et il faut du temps pour apprendre à travailler autrement, mais on y arrive », explique Roland Hallégouët, un pionnier de l’agriculture de conservation des sols opérant dans le Finistère qui a fait le choix de remplacer les machines par les vers de terre et les racines.

Plus de 5 millions d’euros d’aides sur 10 ans

Le projet Livelihoods a été initié en 2021, et soutenu par de grandes entreprises opérant dans le secteur de l’agroalimentaire en France. Depuis son lancement, 93 agriculteurs de Bretagne ont décidé de participer au projet Sols de Bretagne, pour un total de 10 000 hectares d’exploitations. Chaque agriculteur bénéficie d’un accompagnement fourni par un technicien de la Chambre d’agriculture.

De plus, chaque agriculteur touche une prime de 80€ par hectare les cinq premières années (plafonnée à 7 500€), puis 46€ les cinq prochaines années, pour un total de 575 000€ par an pendant dix ans. Grâce à cette pratique, les agriculteurs constatent une économie de 30 à 40%, essentiellement à la baisse de l’usage de produits phytosanitaires au même titre que le carburant utilisé normalement pour le labourage des sols.

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