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| Manifestation contre les algues vertes | 2 500 personnes à Hillion, en baie de Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor pour dénoncer la pollution des plages et le manque d'encadrement de l'agriculture intensive.

Proliférations d'algues vertes sur les plages de la commune de Hillion, en baie de Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor, le 1er septembre 2009. Photo Jean-Michel Prima.
Hasard des courants ou coup de pelleteuse ? Les plages de Hillion étaient moins vertes que d'habitude, le 27 septembre 2009, lorsque 2 500 personnes ont convergé vers cette commune particulièrement touchée par le phénomène des algues vertes, sur le côté est de la baie de Saint-Brieuc. Les manifestants ont en particulier pointer du doigt les excès de l'agriculture intensive responsable des rejets de phosphate (engrais, lisiers...) qui provoquent la prolifération des algues. Certains cours d'eau dans la campagne bretonne charrieraient jusqu'à 95 kg d'azote par hectare, engendrant ainsi une forme eutrophisation sur les côtes.
La mobilisation intervient après qu'un cheval, ait trouvé la mort, en juillet, probablement à la suite d'une inhalation d'hydrogène sulfuré (H2S) se dégageant d'un amas d'algues en décomposition sur la côte, à Saint-Michel-en-Grève, en baie de Lannion, dans l'ouest des Côtes d'Armor. Durant l'été, à Binic, toujours en Côtes d'Armor, un chauffeur de poids lourd qui transportait des algues est également mort dans des conditions mal élucidées. Le procureur de Saint-Brieuc attend les résultats d'autopsie pour décider de la suite à donner à ce dossier. Commandée par Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, une étude de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) vient de confirmer que les algues vertes en décomposition sur les plages présentent un "risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes". Les mesures d'hydrogène sulfuré ont mis en évidence la présence de doses très élevées. Sur l'ensemble des surfaces mesurées, les chiffres évoluent pour l'essentiel entre 0 et 500 parties par million (ppm). Mais là où le cheval est décédé, le taux de H2S atteint les 1000 ppm.
Parallèlement, après le déplacement du Premier Ministre François Fillon à Saint-Michel-en-Grèves, l'Etat a décidé de prendre en charge les frais de nettoyage sur les plages affectées. Dans un premier temps, les services du gouvernement ont envisagé de se tourner vers le ramassage en mer. Mais cette option est déconseillée par Alain Ménesguen, directeur de recherche à l'Ifremer, et l'un des grands spécialistes des algues vertes. Ses arguments : le ramassage en mer est techniquement difficile, il "ne tranche pas le problème à la source" et va même "augmenter la production d'algues". La vraie solution ? Diminuer la teneur des eaux en nitrates et donc les rejets de l'agriculture. "Si on ne descend pas à un niveau inférieur à 10 milligrammes par litre, on ne verra rien." En moyenne actuellement, en Bretagne, les cours d'eau bretons titrent plutôt entre 33 et 32 mg/l.
Cette opinion est aussi celle du Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne, auquel participe d'ailleurs Alain Menesguen. Créée par le Conseil régional de Bretagne, le CSEB réunit 24 chercheurs de différents organismes pour proposer des avis sur les grands dossiers environnementaux dans la région. Président de ce comité, le chercheur Pierre Aurousseau vient d'être reçu par les membres de la mission interministérielle sur les marées vertes. Le gouvernement attend des propositions pour la fin de l'année.

| | par JMP le 28/09/2009 |
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