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L'actualité en Bretagne
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| Le Premier ministre au pays des algues vertes | François Fillon vient à Saint-Michel-en-Grève, en Côtes d'Armor, pour annoncer des mesures contre la prolifération des algues vertes. L'Etat paiera le nettoyage.
Le 28 juillet 2009, un cheval est mort terrassé, probablement en inhalant les vapeurs dégagées par un tapis d'algues vertes en décomposition, près de Toul Ar Vilin, à Saint-Michel-en-Grève. Commandée par Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, une étude de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) vient de confirmer que les algues vertes en décomposition sur les plages présentent un "risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes". Les mesures d'hydrogène sulfuré ont mis en évidence la présence de doses très élevées. Sur l'ensemble des surfaces mesurées, les chiffres évoluent pour l'essentiel entre 0 et 500 parties par million (ppm). Mais là où le cheval est décédé, le taux de H2S atteint les 1000 ppm.
Le 20 août, le Premier ministre, François Fillon, s'est rendu sur les lieux en compagnie de Chantal Jouanno, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture. Le chef du gouvernement a annoncé la mise en place d'une mission interministérielle sur la gestion du risque des algues vertes. A partir de propositions attendues pour la fin de l'année, ceci pourrait donner lieu, dans l'année 2010, à un plan visant à réduire la prolifération d'algues qui résulte pour l'essentiel de l'utilisation d'engrais par les agriculteurs. Par ailleurs, l'Etat va prendre à sa charge le nettoyage des plages qui sont les plus touchées et sur lesquelles il peut y avoir un risque de santé publique."
De son côté, dans une lettre au Premier ministre, le 14 août, Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne, a demandé à l'Etat de lui donner tous pouvoirs pour lutter contre la prolifération des algues vertes sur le littoral breton. Faisant remarquer que "les actions mises en oeuvre jusqu'à présent se sont révélées insuffisantes", il souhaite que la région Bretagne devienne le coordinateur des actions sur son territoire. Ceci passerait par la mise en place d'un schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux spécifique au territoire breton. Ce plan se substituerait au SDAGE Loire-Bretagne qui, à ses yeux, "couvre un territoire trop important et des problèmes trop divers pour être réellement efficace". Jean-Yves Le Drian propose également de lancer une opération pilote de la reconquête de la qualité de l'eau sur la baie de Lannion (où se trouve Saint-Michel-en-Grèves). Ce plan passerait par une accélération de la mise aux normes des exploitations agricoles et des stations d'épuration.
Le conseil général des Côtes d'Armor, lui, souhaite que l'Etat "aide financièrement les agriculteurs qui acceptent de faire des efforts conséquents dans leurs pratiques". Il souligne au passage que le nettoyage des algues vertes sur le littoral costarmoricain coûte au budget département quelque 500 000 euros par an.
| | par JMP le 20/08/2009 |
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Réactions et commentaires
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| Halte aux MENSONGES !
Ces derniers jours, il n’aura échappé à personne que les agriculteurs sont des pollueurs inconscients et seuls responsables des maux de nos côtes bretonnes. De plus, si vous êtes un éleveur de porc, vous êtes le diable en personne, le démon à flinguer. Que de caricatures stériles !
En effet, il s’agit d’une thèse, ou plutôt une propagande, martelée inlassablement par Mr Ollivro et sa bande de copains intégristes écolo. Ce dogme sans fondement et cette haine sont bien relayés par les médias dont certains sont de connivence avec les écologistes. En effet, le quotidien Ouest-France, par la plume invective de Mr Pillet (Edito du O-F du 22/03/2007), n’a jamais épargné les agriculteurs bretons. Et ces derniers jours, Ouest-France n’a cessé de faire enfler la polémique au quotidien, jusqu’à écrire en première page la détresse de Mr Ollivro, victime de 2 round-ballers de paille déposés devant sa propriété. Quelle publication ridicule !
Tout cela n’est pas raisonnable et totalement injuste vis-à-vis du monde paysan, à qui on ne laisse même pas l’occasion de s’exprimer.
Pour éradiquer les algues vertes, flinguer les paysans ne changera rien au phénomène des marées vertes. En effet, nous sommes tous responsables !
Pour leur croissance, les végétaux ont besoin à la fois d'azote (les nitrates) et de phosphore (les phosphates). Dans la nature non transformée par l'homme, les nitrates sont abondants, puisqu'ils sont un chaînon du cycle de l'azote (l’air est constitué à 80% d’azote). Au contraire, les phosphates, qui proviennent de l'érosion des roches, sont en très faible concentration.
Si l'on augmente les apports en nitrates dans un milieu aqueux comme les rivières sans augmenter les apports en phosphates, on n'accentue absolument pas la prolifération végétale, les phosphates en faible concentration constituant le "facteur limitant".
Si, à l'inverse, l'on augmente les apports en phosphates, comme on le fait sans contrôle depuis des années, on touche alors au "facteur limitant" ; et l'on accroît irrémédiablement la prolifération végétale.
On pourra s’acharner à diminuer les apports en nitrates dans les estuaires, on ne parviendra jamais, si on ne s'attaque pas à ces accumulations de phosphates dans les sédiments des estuaires (la seule mesure logique et efficace), à corriger le phénomène des algues vertes (sources : INRA http://www.inra.fr/dpenv/barroc48.htm et l’institut de l’environnement http://www.institut-environnement.fr/accueil.htm).
Question : d’où viennent les phosphates ? Essentiellement des rejets urbains. Ce n’est pas un hasard si les plages envahies sont proches de grandes villes ou stations balnéaires (baie de Saint Brieuc, Lannion …). De nombreuses villes côtières n’ont la capacité à traiter les eaux usées de leur population dont le nombre est multiplié par 4 ou 5 l’été. Et que dire des communes qui n’ont toujours pas de tout à l’égout ; des communes qui stockent leurs effluents dans des lagunes de décantation et laissent le surplus déborder dans le ruisseau voisin en cas de fortes pluies. Et pour preuve le risque de condamnation de la France par la commission européenne dans le traitement des eaux usées (cf. annexe ou http://www.bladi.net/forum/133275-france-risque-amendes-traitement-eaux-usees/).
Cependant, certains élus, préfèrent charger les agriculteurs au sujet des nitrates et fuient leur responsabilité afin d’éviter les investissements. Quant aux écologistes, ils préfèrent tirer à boulets rouges sur une profession ne représentant que 5% de la population afin de tenter de rallier l’opinion à leur cause ; et se taire pour le traitement des eaux usées chargées en phosphates et nitrates afin de ne pas se mettre à dos 95% de l’électorat. Ces normes devraient être appliquées depuis la date-butoir du 31/12/2000 ! Et pourtant, les écologistes ne font aucun scandale sur ce sujet …
Malheureusement, les sédiments des plages sont chargés en phosphates pour plus de 100 ans. Alors que faire ? Dans l’immédiat : draguer la baie de ses alluvions ? et surtout traiter en amont avec des stations d’épuration efficace pour le phosphore. De nouvelles normes européennes seront applicables pour les villes en 2015.
Pour être complet, un élément est déterminant dans le développement des algues vertes en Bretagne : il s’agit de la faible profondeur des eaux de mer. Cette caractéristique est quasi-unique dans le monde. C’est pourquoi nous retrouvons les ulves uniquement sur certains sites localisés (baies et grèves) et non pas sur toutes les côtes bretonnes comme nous font croire les écologistes ou les médias.
Heureusement, la profession agricole n’a pas attendu 2015 pour travailler en faveur de l’environnement. Et contrairement aux clichés, les élevages porcins ont été les plus soucieux et les premiers à s’investir dans l’environnement depuis plus de 10 ans. Des chiffres publiés dans Ouest-France (Edition du 22/03/2007) présentent 110 bassins versants en Bretagne :
* 2001 : 37 bassins versants (sur 110) non-conformes ( eau > à 50 mg au moins 1 fois dans l’année)
* 2005 : 15 bassins versants non-conformes
* 2007 : 9 bassins versants non-conformes.
Ainsi, malgré l’abaissement en azote des bassins versants, les algues vertes restent bien présentes malgré les améliorations obtenues par l’agriculture. Les spécialistes s’accordent à dire qu’il faudrait une eau à moins de 5 mg et une température faible pour que les nitrates influent sur les quantités d’algues vertes. Cette situation est impossible puisque la nature produit d’elle-même cette quantité de nitrate. Conclusion : le « facteur limitant » n’est pas l’azote mais bien les phosphates.
Ce que les écologistes ne savent pas faire : améliorer l’environnement, l’agriculture l’a fait. En effet, le monde paysan ne communique pas dans les médias, ne fuit pas ses responsabilités : Il agit.
Alors les média-stars Pochon, Ollivro devraient moins donner de leçons de morale et agir en faveur de l’environnement ! Ils espèrent, grâce à ce tapage médiatique, relancer leurs carrières politiques ou la vente de leurs livres.
En résumé, nous sommes tous responsables et que sans l’implication de chacun d’entre nous, les algues vertes ne disparaîtront pas. Ce combat, nous devons le gagner ensemble.
ANNEXE
La France risque des amendes pour le traitement des eaux usées
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Source:Reuters -
BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a sommé jeudi la France de respecter la législation sur le traitement des eaux usées, notamment de Paris, sous peine d'être soumise à de lourdes amendes par la Cour de justice de l'UE.
Quelques heures après avoir été condamnée par les juges de Luxembourg pour violation des normes de qualité des eaux dans trois départements ruraux, la France s'est retrouvée dans le collimateur de l'exécutif européen pour une autre affaire.
"Les eaux urbaines résiduaires non traitées constituent un risque pour les citoyens européens et nuisent à la qualité environnementale des rivières, des lacs et des eaux côtières d'Europe", a dit Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement.
Ce dernier a donc envoyé un "dernier avertissement" à la France, faute de quoi il demandera à la Cour de lui infliger des amendes assorties d'astreintes par jour de violation des règles.
Une législation européenne datant de 1991 oblige les grandes villes à collecter et à traiter leurs eaux usées, qui peuvent être contaminées par des bactéries et des virus dangereux.
Ces eaux contiennent également des nutriments tels que l'azote et le phosphore, susceptibles de nuire aux réserves d'eau douce et au milieu marin en favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie.
La date-butoir pour la mise en service des stations de traitement était le 31 décembre 2000.
"INACCEPTABLE" ET "DÉPLORABLE"
Les eaux résiduaires qui sont rejetées dans les cours d'eau après leur passage par ces stations doivent subir un traitement "biologique" et, lorsqu'elles sont rejetées dans les cours d'eau "sensibles", l'azote et le phosphore doivent aussi être enlevés.
La France avait déjà été condamnée en 2004 par la Cour de justice de l'Union pour non respect de la directive: onze zones sensibles n'avaient pas été classées comme telles et plusieurs installations de traitement qui rejettent leurs eaux résiduaires dans ces zones n'étaient pas aux normes.
En outre, 121 localités rejetaient illégalement leurs eaux résiduaires dans des zones déclarées comme sensibles.
La France a partiellement corrigé la situation en désignant les onze zones sensibles, mais 140 localités, dont Paris, continuent à y déverser leurs eaux résiduaires.
Pour contourner l'arrêt de la Cour sur les 121 localités en infraction, les autorités françaises les ont redécoupées en 164 zones afin qu'elles n'atteignent plus le seuil de 10.000 habitants à partir duquel les règles s'appliquent.
La Commission juge cette réorganisation "inacceptable", de même que le plan transmis par la France pour équiper certaines localités d'installations de traitement en 2011 seulement, soit 12 ans après la date-butoir fixée par la directive.
"La Commission juge ce retard déplorable et demande instamment à la France de construire, dans les plus brefs délais, des installations de traitement des eaux résiduaires dans toutes les localités concernées", dit l'institution.
http://www.bladi.net/forum/133275-france-risque-amendes-traitement-eaux-usees/
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| Anonyme | 27/08/2009 22h26 | |
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