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| Confirmé : un sous-marin a bien coulé le Bugaled-Breizh | L'expertise des câbles de chalut du bateau de pêche naufragé révèle la présence d'une peinture au titane, un produit habituellement utilisé dans le revêtement des sous-marins.
C'est l'hebdomadaire Le Point qui révèle l'information. Les journalistes Christophe Labbé et Olivia Recasens se sont procuré une copie de l'analyse des câbles du chalutier. Ces fûnes étant déroulées d'une façon très inégale sur le treuil, les familles des cinq marins disparus dans le naufrage le 15 janvier 2004 estimaient que le bateau de Loctudy avait été emporté vers le fond par un sous-marin empêtré dans son train de pêche.
Le juge d’instruction Richard Foltzer avait commandé une expertise technique pour vérifier si les fûnes ne comportaient pas de traces spécifiques. En particulier le caoutchouc composite du revêtement anéchoïque qui améliore la résistance aux détections sonar. Du rapport publié par Le Point, il ressort que les experts du laboratoire national d’essais de Trappes n'ont rien trouvé de tel. En revanche, ces scientifiques ont repéré des traces de titane dont rien n'explique normalement la présence. Ce titane "exogène" et d'origine "inexpliquée" se situe principalement sur le segment très déroulé du câble babord (dans le segment des 90 à 140 mètres). Sur l'autre fûne, le titane est plus rare. "Je n'ai pas la technicité, personnellement, pour tirer une conclusion à partir de la présence de titane", commente prudemment Christian Bergot, avocat des familles.
Le juge d'instruction, lui, s'est fait adjoindre un expert en sous-marins. Confortés dans l'hypothèse sous-marin, désormais évoquée nommément par l'instruction, les enquêteurs vont probablement s'intéresser plus particulièrement à certains bâtiments. Parmi les sous-marins participant à la manoeuvre OTAN ((Aswex 04) du 16 janvier 2004 (lendemain du naufrage), trois étaient déjà sur zone.
Le Dolphin hollandais se trouvait à 11 km du chalutier, à 12:25, au moment du naufrage. Dans le PV d'instruction, le capitaine Wouter affirme qu'il navigue alors en surface depuis près de 4 h. Marin pêcheur sur le chalutier anglais Silver Dawn, Ken Thomas a déclaré : "tout à coup, j'ai vu un écho apparaître sur mon radar. A l'instant d'avant, il n'y avait rien. C'était donc un sous-marin qui venait d'émerger. Il nous a même appelé sur la radio, pour nous dire de rester à 100 m de lui. Plus tard, on a reconnu le sous-marin sur la zone du naufrage qui participait aux secours : c'était le Dolphin. Le capitaine du Dolphin dit n'avoir rencontré personne. Mais nous, on était là, et lui aussi !" Le pacha hollandais a affirmé qu'il commandait depuis sa centrale (PC dans le bâtiment) et que personne ne se trouvait dans le kiosque, ce qui semble assez inhabituel pour une navigation de surface. Si l'on donne crédit au témoignage du pêcheur anglais, le Dolphin se trouvait plus près du Bugaled Breizh qu'il ne veut bien le dire.
Deux sous-marins anglais : d'après un tableau d'affectation découvert par des journalistes (Le Point et FR3), la Royal Navy n'avait pas prévu d'engager un, mais deux SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) dans la manoeuvre OTAN qui devait commencer le 16 janvier. Outre le HMS Torbay, il y avait donc un autre bâtiment attendu sur zone ou déjà présent. Cet élément n'aurait jamais été communiqué à la justice française.
Par ailleurs, il y avait d'autres manoeuvres la veille de l'exercice OTAN, c'est à dire le jour même du naufrage. En discutant avec Simon Rabett, le patron des gardes-côtes britanniques au MRCC de Falmouth, des journalistes ont pu filmer un fax de la Royal Navy signalant ses propres manoeuvres le jeudi 15 janvier 2004. C'est un jour de la semaine traditionnellement dédié aux manoeuvres. La Navy appelle cela les Thursday wars, les guerres du jeudi. Le fax est un document d'information de routine envoyé par l'Amirauté britannique pour prévenir les gardes-côtes et les pêcheurs du secteur. Le texte mentionne les zones (A1-A2-A3/B1-B2....) où évolueront les sous-marins. En consultant une carte, on s'aperçoit que le Bugaled Breizh se trouvait en pêche précisément entre ces deux zones.
Un des bâtiments participant à ces manoeuvres du 15 était peut-être le sous-marin nucléaire d'attaque HMS Turbulent, si l'on en croit le député britannique (libéral-démocrate) Andrew George. Celui-ci a pris le dossier et posé les questions embarrassantes directement devant la chambre des communes. Andrew George pense savoir qu'un sous-marin a subi des dommages. Or, vers 1h du matin, le 16 janvier, le HMS Turbulent serait peut-être rentré à sa base de Devenport pour réparation. Une version démentie par la Royal Navy. A noter enfin que certains sous-marins possèdent même une coque entièrement en titane. C'est le cas de certains bâtiments américains de la classe Sea Wolf ou les engins russes de la casse Sierra.
A lire sur le sujet : Bugale Breizh, secrets d'Etats autour d'un naugrage, editions First.
| | par JMP le 21/09/2006 |
Toute l'actualité pour Loctudy, Le Guilvinec, Quimper |
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Réactions et commentaires
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| Excellent article.
Merci d'avoir débrouillé un sujet sensible et complexe. |
| Ataxerxes | 22/09/2006 09h22 | | "L'expertise des câbles de chalut du bateau de pêche naufragé révèle la présence d'une peinture au titane + "[peinture au titane est ] un produit habituellement utilisé dans le revêtement des sous-marin" != "un sous-marin a bien coulé le Bugaled-Breizh" |
| none | 21/09/2006 11h45 | |
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