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| Un câble du Bugaled-Breizh passé au crible | Après le naufrage mystérieux du bateau breton en 2004, le juge d'instruction demande l'expertise du deuxième câble de chalut.
Les consultants mandatés par les familles des cinq marins disparus avaient fait remarquer qu'une des deux fûnes (bâbord) était beaucoup plus déroulée que l'autre. Ce qui pouvait accréditer la thèse d'une croche d'un sous-marin dans l'appareil de pêche.
Une expertise supplémentaire a été ordonnée par le juge Richard Foltzer chargé de l'instruction du naufrage du Bugaled-Breizh, qui a provoqué, le 15 janvier 2004, dans des circonstances mystérieuses, la mort des cinq marins du bateau. La fune tribord - la partie droite du câble qui tirait le filet de pêche dans le sillage du chalutier - va être soumise à l'examen des spécialistes, comme l'a déjà été la fûne bâbord.
A la demande des familles, le juge d'instruction avait décidé de faire expertiser le premier câble pour tenter de voir si ses brins extrêmement abrasifs portaient des traces de peinture, voire même des résidus caoutchouteux du revêtement anéchoïque qui contribue à l'isolation sonique des sous-marins. Quel a été le résultat de ces investigations ? Mystère pour l'instant. Mais il semble avoir motivé le juge à demander une autre expertise portant cette fois-ci sur l'autre fûne, celle de tribord. Pourquoi cette décision ? Probablement pour comparer les deux câbles. Et vérifier si les éléments recueillis sont présents sur les deux.
Le naufrage du chalutier de Loctudy/Le Guilvinec s'était déroulé le 15 janvier 2004, au large du cap Lizard. Des manoeuvres de l'Otan (Aswex 2004) devaient commencer le lendemain dans le secteur et le jour même la Royal Navy pratiquait un exercice naval (Black Thursday).
Officiellement, la première manoeuvre impliquait trois sous-marins : un allemand (U22), un néerlandais (Le Dolphin dont la position [49°32' N - 5° 16 W] le plaçait à une dizaine de milles du Bugaled Breizh) et enfin, un britannique, le Torbay plus loin à l'ouest dans l'Atlantique. Mais une enquête de l'hebdomadaire Le Point laisse penser qu'un autre sous-marin britannique se trouvait aussi en manoeuvre. En l'occurrence, le Turbulent, un des 7 sous-marins d'attaque nucléaire de la classe Trafalgar. Il est basé à Devonport (près de Plymouth), le plus grand port de guerre en Europe de l'ouest. Ce bâtiment est revenu à sa base dès le 16 à cause d'une avarie. La Royal Navy dément cette information, affirmant que le sous-marin n'a pas quitté son quai durant toute cette période. La marine française, de son côté, a remis à la justice les journaux de bord de ses sous-marins. Elle avait bien un sous-marins d'attaque à la mer, mais son relevé de position le place au large du Finistère. Le juge d'instruction a chargé la gendarmerie maritime d'étudier ces documents déclassés du secret défense. Richard Foltzer souhaite aussi que l'officier commandant le Dolphin soit ré-interrogé par la police néerlandaise. Une commission rogatoire internationale pourrait être prochaînement émise dans ce sens.
| | par JMP le 18/04/2006 |
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