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L'actualité en Bretagne
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| Bugaled Breizh : un naufrage en eaux troubles | Un document de la télévision France3 conforte la piste d'un sous-marin et avance des éléments de plus en plus troublants.
L'enquête France3/Le Point diffusée le 12 avril est une véritable bombe dont on est encore loin de bien mesurer les effets.
Les points nouveaux :
Dolphin : on savait que parmi les trois sous-marins participant à la manoeuvre OTAN ((Aswex 04) du 16 janvier 2004 (lendemain du naufrage), trois étaient sur zone. L'un d'entre eux, le Dolphin hollandais se trouvait à 11 km du chalutier, à 12:25, au moment du naufrage. Dans le PV d'instruction le capitaine Wouter affirme qu'il navigue alors en surface depuis près de 4 h. L'enquête de presse produit le témoignage de Ken Thomas, marin pêcheur sur le chalutier anglais Silver Dawn. Celui-ci déclare : "tout à coup, j'ai vu un écho apparaître sur mon radar. A l'instant d'avant, il n'y avait rien. C'était donc un sous-marin qui venait d'émerger. Il nous a même appelé sur la radio, pour nous dire de rester à 100 m de lui. Plus tard, on a reconnu le sous-marin sur la zone du naufrage qui participait aux secours : c'était le Dolphin. Le capitaine du Dolphin dit n'avoir rencontré personne. Mais nous, on était là, et lui aussi !" Ce témoignage unique n'est pas suffisant pour affirmer qu'il y a eu mensonge. Mais c'est plus qu'assez pour justifier d'une confrontation contradictoire. Ancien officier sous-marinier français, Francis Drouet remarque que le pacha hollandais affirme qu'il commandait depuis sa centrale [le PC NDLR] et que personne ne se trouvait dans le kiosque, ce qui est assez inhabituel pour une navigation de surface. "Par ailleurs, il dit qu'il ne tenait pas sa route. Cela, j'en suis très surpris. Je pense qu'il devait savoir où il était." Si l'on donne crédit au témoignage du pêcheur anglais, le Dolphin se trouvait plus près du Bugaled Breizh qu'il ne veut bien le dire.
Deux sous-marins anglais : d'après un tableau d'affectation découvert par les journalistes, la Royal Navy n'avait pas prévu d'engager un, mais deux SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) dans la manoeuvre OTAN qui devait commencer le 16 janvier. Outre le HMS Torbay, il y avait donc un autre bâtiment attendu sur zone ou déjà présent. Cet élément n'a jamais été communiqué à la justice française.
D'autres manoeuvres : c'est en discutant avec Simon Rabett, le patron des gardes-côtes britanniques au MRCC de Falmouth que les journalistes tombent sur un document explosif. On ne leur donne pas le droit de le photocopier, mais ils parviennent à le filmer. On y découvre que la Royal Navy organisait... ses propres manoeuvres la veille de l'exercice OTAN, c'est à dire le jeudi 15 janvier 2004, jour du naufrage. On apprend au passage que la Royal Navy manoeuvre habituellement le jeudi. Les militaires appellent cela les Thursday wars, les guerres du jeudi. Le document est un fax d'information de routine envoyé par l'Amirauté britannique pour prévenir les gardes-côtes et les pêcheurs du secteur. Le texte mentionne les zones (A1-A2-A3/B1-B2....) où évolueront les sous-marins. En consultant une carte, on s'aperçoit que le Bugaled Breizh se trouvait en pêche précisément entre ces deux zones.
HMS Turbulent : l'enquête France3/Le Point affirme qu'un des bâtiments participant à ces manoeuvres du 15 était le sous-marin nucléaire d'attaque HMS Turbulent. Les journalistes ont bénéficié ici de l'aide du député britannique (libéral-démocrate) Andrew George. Celui-ci a pris le dossier et a posé les questions embarrassantes directement devant la chambre des communes. Andrew George croit savoir que "un sous-marin a subi des dommages". D'après Christophe Labbé, journaliste au Point, le HMS Turbulent "est rentré à sa base de Devenport, à 1h du matin, le 16 janvier, pour se faire réparer." Une version farouchement contre-dite par la Royal Navy.
Seattle Trader : dans un premier temps, avant le renflouement du chalutier, l'enquête s'était orientée vers la piste d'une collision avec un bateau de commerce. Principal suspect : le porte-conteneurs philippin Seatle Trader. Des gendarmes iront l'inspecter dans un port de Chine. Au même moment, le secrétaire d'Etat à la Mer, Dominique Bussereau, évoque "l'assassinat des marins". Le reportage revient sur la façon dont ce bateau est apparu dans l'enquête. "L'information a été lâchée par le ministère de la Défense", explique Christophe Labbé, journaliste au Point. Ce ministère "a vendu la piste du Seatle Trader au secrétaire d'Etat à la Mer et aux médias". Pour Nathalie Gloaguen, qui représente les familles des victimes, "avec le recul, on a l'impression que le Seattle Trader, et bien... c'était un leurre. On nous a mis sur cette piste pour en écarter une autre..." Même écho chez Michel Douce, armateur du chalutier : "Je pense qu'il y a eu une vraie manipulation. On s'est dit on va les promener un petit peu.." Un élément surprenant vient les conforter dans leur opinion. D'après Christophe Labbé, à nouveau, "les enquêteurs du Bureau Enquête Accident (BEA) avaient écrit que ce ne pouvait pas être le Seattle Trader car son cap n'était pas compatible avec le scénario de la collision." Pour le journaliste du Point, "on a donc un organisme qui a laissé désigner un coupable qu'il savait innocent."
Canot de sauvetage : durant la tentative de sauvetage, un troisième et mystérieux canot n'appartenant pas au Bugaled Breizh a été mis à l'eau (probablement par un hélicoptère). Un plongeur des gardes-côtes a coulé ce canot à l'aide de son couteau. Est-ce la procédure ? "Non, il n'y a pas de procédure pour ça, mais c'est logique. Cela évite des confusions dans les recherches et les secours", affirme son chef, Simon Rabett. Le plongeur a cependant récupérer le tag d'immatriculation du radeau. Qu'en a-t-il fait ? Pourquoi personne ne l'a vu ? "Je n'ai pas ouvert le document, mais je l'ai mis immédiatement dans une enveloppe et l'ai envoyé à la gendarmerie maritime en France". Les autorités maritimes vont d'abord nier la possession de cet objet. Quand, elles finissent par le retrouver, elles indiquent que la pièce ne permet aucune identification précise.
Hélicoptère : patron du chalutier Eridan, Serge Cossec, est un des premiers à répondre à l'appel de détresse. "Quand je suis arrivé au dessus de la nappe de gasoil, il y avait déjà un hélicoptère [pas ceux des gardes-côtes qui ne sont arrivés que plus tard, NDLR]. Un truc gris assez costaud avec une boule noire. De toute évidence, la description correspond au Sea King MK7 ASaC, l'hélicoptère de lutte... anti-sous-marine de la marine britannique. D'après les informations glanées très officiellement par le député Andrew George, il y avait sept de ces appareils engagés dans la manoeuvre du 15 janvier. Serge Cossec avait mentionné cet hélicoptère dans son rapport de mer, rédigé à chaud, sur la route du retour. Mais il n'est pas mentionné dans le PV d'audition rédigée plus tard par la gendarmerie.
Un autre SNA : l'information arrive en fin de programme. Simplement une petite phrase lâchée par Christophe Labbé : il y avait, dans les manoeuvres du 15 janvier, "un deuxième sous-marin nucléaire d'attaque dont on connaîtrait la nationalité". Le club des possesseurs de SNA étant très restreint, cette phrase porteuse d'un lourd sous-entendu appelle des éclaircissements qui viendront probablement dans les prochaines livraison de l'hebdomadaire Le Point.
Anormalies : Christophe Labbé s'étonne du manque de coopération des autorités militaires, tant anglaises que françaises. "On a l'impression que c'est très coordonné. Toutes les deux ont toujours la même attitude au même moment." Ainsi, après la remise d'un rapport d'experts mandatés par les familles des victimes (D'Hont / Gourmelon), la réaction du ministère de la Défense a été "surprenante par sa rapidité et son aspect sans appel".
C'est la mobilisation des pêcheurs du Guilvinec qui avait conduit la justice a décider du renflouement du chalutier malgré son coût élevé (3 millions d'euros). C'est maintenant probablement les dernières révélations de la presse qui vont imprimer une nouvelle direction à l'enquête, conformément aux souhaits de Christian Bergot, l'avocat des familles des victimes. L'affaire Bugaled Breizh intervient aussi à un moment où la collaboration entre Paris et Londres connaît une très forte accélération dans le domaine maritime : les deux prochains porte-avions britanniques doivent en effet être construits par la DCN à Brest. Un marché de plus de 4 milliards d'euros. | | par JMP le 15/04/2005 |
Toute l'actualité pour Loctudy, Le Guilvinec, Brest, Quimper |
Envoi à un ami
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Réactions et commentaires
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| Concernant les hélicoptères que l'on aperçoit dans le reportage, contrairement à ce qui est dit, il ne s'agit de la version anti-sous-marine mais d'une version de détection aérienne, la grosse boule, rétractable sur le côté, est un radar et non un sonar... si cette information peut avoir un intérêt. |
| Anonyme | 27/05/2005 23h30 | | Je viens de regarder à nouveau, l'extrait du reportage parlant des hélicoptères, je ne sais pas si ça peut être important, mais la version montrée n'est pas une version anti-sous-marin, mais la version "détection aéroportée" Sea King AEW et la fameuse boule noire sous l'hélicoptère n'est pas un sonar mais contient le radar chargé de la détection des aéronefs. Ca demande à être confirmé mais cette version AEW (Airborne Early Warning) n'a pas de capacité anti-sous-marin. Savoir maintenant ce qu'il faisait sur zone ?? |
| Anonyme | 26/05/2005 23h11 | | Est-ce que quelqu'un peut donner des précisions sur les 12 hélicoptères étant sur zone le 15 janvier 2004 : d'oû ils venaient, de quel port ou de quel bâteau .Familles du bugaled breizh.Merci. |
| 20/05/2005 14h39 | | CELTIC LEAGUE - PRESS INFORMATION
FRENCH NAVY PLAY DOWN SUBMARINE INVOLVEMENT IN FISHING TRAGEDY
French naval authorities have tried to play down the possible involvement
of a French or NATO submarine in the mysterious sinking of the Breton
trawler, Bugaled Breizh.
French Naval Chief, Admiral Jean Louis Battet, told the media that
whilst the authorities understood the pain of the families who had
lost loved ones on the trawler the finger of blame should not be pointed
at naval authorities.
Admiral Battet cited an example some years ago in which a US submarine
sank a Japanese ship and said the submariners involved surfaced and
tried to assist rescue operations.
However Admiral Battet has a somewhat selective memory when it comes
to incidents involving submarines and motor fishing vessels (MFVs)
and we have written to him drawing his attention to some incidents
in European waters which cast the submarine services of various navies
in a less positive light.
We set out below some examples.
In 1982 the British submarine HMS Porpoise snagged the Irish trawler
MFV Sheralga dragging it under in seconds. The trawler did not surface
and the Sheralga crew were abandoned in the water. Fortunately a nearby
fishing vessel rescued them. The British government denied for several
days that a submarine was in the area and only admitted to the incident
when incontrovertible evidence was produced.
In February 1984 the Breton trawler MFV Jean de Lorraine was snagged
and towed astern for several miles and subsequently cut fishing gear
cable to break free. An unidentified submarine spotted soon after
4 -5 miles away.
In August 1984 the English trawler MFV Joanna C snagged and towed
astern and was ordered by navy to cut gear - submarine never surfaced.
In August 1984 Scottish trawler MFV Huntress snagged and towed. The
incident was later acknowledged by United Kingdom - the submarine
never surfaced.
In May 1985 pair trawlers MFV Willing Lad and MFV Family Friend were
towed astern for five minutes before fishing gear parted. The submarine
never surfaced.
In February 1987 the MFV Summer Morn was snagged and towed in an incident
that covered over 10 miles and a duration of 3 hours. Eventually the
Skipper cut his gear. A device picked up in the area identified the
submarine as American and subsequently compensation was paid.
In 1989 the Irish MFV Contestor was snagged by a submarine. Subsequent
debris recovered included a Submarine sonar buoy - the British submarine
did not surface.
Meanwhile in new information from the Royal Navy sent to the League
it is confirmed that designated Fishing Vessel Safety Ships (FVSSs)
tasked to the exercise which commenced just after the Bugaled Breizh
sank did not commence operations until the exercise was underway on
the 16th January 2004.
To put this in context the detail of the exercise was notified to
mariners via the Maritime and Coastguard Agency issuing a SUBFACTS
notice at one minute past midnight on the 15th of January (the notice
was subsequently re-broadcast at four hour intervals). The Fishing
Vessel Safety Ships however did not take up station until the exercise
commenced on the 16th January.
We will be querying with the MoD why, given that traffic including
submarines on passage to the exercise area was deployed, why SUBFACTS
and FVSSs were not deployed simultaneously.
J B Moffatt
Secretary General
Celtic League
02/05/05
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| Anonyme | 02/05/2005 21h22 | | Je suis un ancien sous-marinier et j'ai regardé aussi l'emission sur le Bugaled.
J'ai passé 13 ans à naviguer sur les sous-marins classiques à Lorient et par 2 fois nous avons été accroché par des chalutiers et nottament le Mab-manu de Guilvinec dans les années 90.
Je suis très partagé:
Pour la défense du sous-marin, ce qui m'etonne c'est que le chalut ne soit pas abimé car quelle différence entre une croche au fond et une croche avec un sous-marin ?? et ensuite lorsque un sous marin rentre pour réparation, de nombreux civils travaillant pour les arsenaux sont au courant puisque c'est eux qui interviennent pour reparer les sous-marins (pour nous ce sont la DCN)et ça me parait peu problable qu'il n'y ai pas eu de fuite depuis le temps et que personne n'ai parlé car un cable ou un chalut ça laisse des traces sur un sous-marin
Pour la défense des marins pecheurs, en mer presque tous les appareils accoustiques des sous-marins ont des rouleaux de papiers thermiques qui enregistrent tous les sons, plus les calques de la tables traçantes, + les relevés pour faire les points par satellites etc ... si ils n'etaient pas impliqués ils leur seraient donc très faciles de le prouver alors pourquoi ne le font-ils pas ???
Ensuite sur les sous-marins français on fait un point toutes les 1/2 heures (voir moins en exercice) et on recale l'estime des qu'on le peux alors c'est impossible qu'un sous marin ne sache pas sa position si près des cotes
pépé (mon surnom de sous-marinier) |
| pepe | 20/04/2005 23h03 | | ...Je viens de revoir (2eme X) le document FR3: Tout à fait d'accord....
NOTA BENE: sur le document Brish Navy relatant le retour à 1 AM hr le 16 janvier à Devonport (Plymouth), il y a auusi une ligne relatant l'avarie du HMS Turbulent...." caused by a TOWED CABLE..." .Regardez bien au ralenti le reportage, vous verrez ce paragraphe....
Si tout cela est bien vrai........HONTE aux Marines Anglaise ....et...Francaise !!!!!!
PS: Je connais bien la zone de navigation en question, j'y suis passé plusieurs fois... J-P Vranken o/b Quetzalcoatl |
| Anonyme | 18/04/2005 16h10 | |
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